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EMI en bibliothèque

Qu’est ce que l’éducation aux médias et à l’information ?

Ateliers pour débusquer les infox ou pour décrypter la presse, invitation de journalistes ou temps d’échanges autour de l’usage des écrans … Depuis 2016 et la crise des « fake news », l’intérêt pour l’éducation aux médias et à l’information (EMI) n’a jamais été aussi fort en bibliothèque.

Mais qu’entend t-on exactement par éducation aux médias à l’information ? Et d’où vient cet ensemble de savoirs et d’outils qui vise, notamment, à former des citoyens actifs et critiques dans leur usage des médias et réseaux sociaux ?

Pour ce premier article de notre rubrique consacrée à l’EMI en bibliothèque, nous vous proposons une définition et un retour sur les origines de l’éducation aux médias et à l’information !

Une définition de l’éducation aux médias et à l’information

La maîtrise des médias et de l’information (media and information literacy en anglais, couramment abrégée par le sigle MIL) est définie par la déclaration de Moscou (Unesco, 2012) comme

une combinaison de connaissances, d’attitudes, de compétences et de pratiques nécessaires pour accéder, analyser, évaluer, utiliser, produire et communiquer des informations et des connaissances de manière créative, légale et éthique, dans le respect des droits de l’homme.

Déclaration de Moscou, Unesco, 2012.

Les individus qui maîtrisent cet ensemble de compétences sont capables d’utiliser

divers médias, sources et canaux d’information dans leur vie privée, professionnelle et publique. Ils savent quand et quelles sont les informations dont ils ont besoin et à quelles fins, et où et comment les obtenir. Ils comprennent qui a créé ces informations et pourquoi, ainsi que les rôles, les responsabilités et les fonctions des médias, des fournisseurs d’informations et des institutions patrimoniales. Ils peuvent analyser les informations, les messages, les croyances et les valeurs véhiculés par les médias et tout type de producteur de contenu, et peuvent valider les informations qu’ils ont trouvées et produites par rapport à une série de critères généraux, personnels et contextuels. Les compétences en matière de MIL vont donc au-delà des technologies de l’information et de la communication pour englober l’apprentissage, la pensée critique et les capacités d’interprétation au-delà des frontières professionnelles, éducatives et sociétales. La MIL s’adresse à tous les types de médias (oraux, imprimés, analogiques et numériques) et à toutes les formes et tous les formats de ressources.

Déclaration de Moscou, Unesco, 2012.

Développer, auprès du public, cet ensemble de savoirs, de savoirs-être et de savoirs-faire est le but de l’éducation aux médias et à l’information (EMI).

Une histoire de l’éducation aux médias et à l’information

L’éducation aux médias (EAM) naît dans la seconde moitié du 20e siècle. Ancrée dans l’éducation populaire, elle accompagne le développement des médias de masse que sont la presse, la télévision, la radio, le cinéma, etc. L’informatisation de la société, puis l’apparition du Web 2.0 et des réseaux sociaux, entraîne la convergence de cette première notion avec celles de maîtrise de l’information (information literacy) et de maîtrise du numérique (digital literacy). Cet ensemble forme, depuis les années 2010, l’éducation aux médias et à l’information (EMI).

Une éducation aux médias distincte de l’éducation par les médias

Au niveau international, la première définition de l’éducation aux médias date de 1973. Elle émane du Conseil International du Cinéma, de la Télévision et de la Communication Audiovisuelle (CICT), une organisation affiliée à l’Unesco. On peut constater qu’elle se distingue de l’éducation par les médias, en décrivant l’EAM comme :

l’étude, l’enseignement et l’apprentissage des moyens modernes de communication et d’expression considérés comme faisant partie d’un domaine spécifique et autonome de connaissances dans la théorie et la pratique pédagogiques à la différence de leur utilisation comme auxiliaires pour l’enseignement et l’apprentissage dans d’autres domaines de connaissances tels que celui des mathématiques, de la science et de la géographie.

CICT, 1973, citée par Laurent Petit (2020)

Cette définition s’étoffe en 1979. Elle s’élargit notamment à l’éducation des adultes (Belletante, 2011). L’éducation aux médias se doit alors de refléter :

toutes les manières d’étudier, d’apprendre et d’enseigner à tous les niveaux […] et en toutes circonstances l’histoire, la création, l’utilisation et l’évaluation des médias en tant qu’arts pratiques et techniques, ainsi que la place qu’occupent les médias dans la société, leur impact social, les implications de la communication médiatisée, la participation, la modification du mode de perception qu’ils engendrent, le rôle du travail créateur et l’accès aux médias.

CICT, 1979, cité par Joseph Bellatante (2011)

La conférence de Grünwald, organisée par l’Unesco en 1982, renforce, par la suite, l’EAM. La déclaration qui fait suite à cette conférence encourage, effectivement, les autorités compétentes à « organiser et soutenir des programmes intégrés d’éducation aux médias du niveau préscolaire à l’université et à l’éducation des adultes ». Elle précise qu’idéalement, « ces programmes devraient aller de l’analyse du contenu des média jusqu’à l’emploi des instruments d’expression créatrice, en passant par l’utilisation des canaux de communication disponibles fondée sur une participation active ». Elle encourage également à former les éducateurs et médiateurs, et à développer la recherche scientifique dans le domaine.

Information literacy

La notion d’information literacy apparaît, quant à elle, pour la première fois en 1974, sous la plume de Paul Zurkowski, alors président de l’Information Industry Association. Comme l’explique Charline Hatton (2014), auteure d’un mémoire sur Les formations à l’information à l’université, elle est, à l’époque, décrite comme une compétence nécessaire dans une « société de l’information » caractérisée par « une information proliférante et facilement disponible. » Cette profusion étant « rendue possible par le développement des TIC, qui multiplient les supports d’information mais surtout en facilite la circulation. » En français, elle est traduite par « maîtrise de l’information » ou « culture de l’information ».

La maîtrise de l’information est définie par le Grand dictionnaire terminologique comme le « fait de disposer d’un ensemble de connaissances et de compétences permettant de reconnaître l’existence d’un besoin d’information et d’avoir la capacité et la discipline de trouver l’information adéquate, de la comprendre, de l’exploiter et de la communiquer, dans une perspective de résolution de problème ou de prise de décision. »

On oppose parfois à cette notion celle de culture de l’information, qui, au-delà des compétences purement techniques de recherche, de tri et d’exploitation de l’information, propose de transmettre une culture d’analyse et de réflexion sur l’information et la manière dont elle est produite, gérée, etc. (Hatton, 2014).

Ces deux approches sont, toutefois, complémentaires. Pour bien trier l’information recueillie dans le cadre d’une recherche documentaire, un étudiant en médecine sera, par exemple, plus efficace s’il maîtrise les méthodes et outils de recherche, tout en étant sensibilisé à la démarche et au mode de publication scientifiques, ou à une notion comme la pyramide des preuves.

Exemple de pyramide des preuves scientifiques. Plus on progresse vers le sommet, plus les types d’articles scientifiques représentés ont un niveau de preuves élevé. La méta-analyse propose, ainsi, une synthèse de l’ensemble des études publiées sur un sujet précis.

Convergence de l’éducation aux médias avec la notion de maîtrise de l’information

Il faudra attendre le début des années 2000, et la démocratisation d’Internet, pour que l’éducation aux médias converge avec ce concept de maîtrise de l’information (Petit, 2020).

Ainsi, le programme de formation à destination des enseignants, publié par l’Unesco en 2012, propose une répartition claire des éléments-clé de l’éducation aux médias et de la maîtrise de l’information :

Éducation aux médias (media literacy)Maîtrise de l’information (information literacy)
Compréhension du rôle et des fonctions des médias dans les sociétés démocratiques
Comprendre les conditions dans lesquelles les médias remplissent leurs fonctions
Évaluation critique du contenu des médias à la lumière des fonctions médiatiques
Utilisation des médias à des fins d’expression individuelle et de participation démocratique
Évaluation des compétences (y compris TIC) nécessaires pour produire du contenu en tant qu’utilisateur
Définition et formulation des besoins en information
Localisation et accès à l’information
Évaluation de l’information
Organisation de l’information
Utilisation éthique de l’information
Communication et information
Utilisation des compétences TIC pour le traitement de l’information

Par ailleurs, on constate dans la version mise à jour de ce programme en 2021 (non traduite en français à ce jour), l’apparition de la notion de maîtrise du numérique (digital literacy) :

Maîtrise du numérique
Utiliser les outils numériques
Comprendre l’identité numérique
Reconnaître les droits numériques
Évaluer les problématiques liées à l’intelligence artificielle
Améliorer la communication digitale
Prendre en charge la santé numérique
Pratiquer la sécurité et la sûreté numérique
Traduit par nos soins.

L’EMI face à l’apparition des réseaux sociaux

Cette convergence des littératies médiatique, informationnelle et numérique prend tout son sens si on s’intéresse au cas de la désinformation sur les réseaux sociaux.

Ainsi, le phénomène des fake news est symptomatique des failles des algorithmes utilisés par les réseaux sociaux pour constituer le fil d’actualité de leurs utilisateurs ; réseaux sociaux devenus, par ailleurs, des lieux où se produit, circule, se commente et se lit l’information. En privilégiant, pour des raisons publicitaires et de collectes de données, les contenus avec lesquels nous sommes le plus à même d’interagir, les algorithmes de Facebook favorisent, effectivement, des informations clivantes ou faisant appel aux émotions. Ils priorisent, par ailleurs, l’apparition, dans notre fil, d’informations issues d’un petit nombre de pages, groupes et personnes que nous « likons », commentons et lisons le plus. Or, ces ressorts ont été largement utilisés par les fake news produites lors de la campagne présidentielle américaine de 2016.

Ce phénomène des fake news est également le reflet des profonds changements survenus dans les espaces médiatiques et politiques, avec une polarisation de plus en plus forte de l’opinion publique et l’apparition de médias-partisans (Benkler et al., 2018). Ces médias, comme Breitbart aux États-Unis, produisent de l’information et des contenus d’opinion qui confirment les croyances et la vision du monde de leurs communautés. Ils sont, par ailleurs, capables d’influencer la ligne éditoriale de médias plus traditionnels, rendus fragiles par la baisse des moyens de production et de vérification de l’information brute, aussi plus onéreuse à produire que des contenus d’opinion.

On voit, ici, l’intrication de problématiques médiatiques (apparition de nouveaux médias partisans, dans un paysage en crise), informationnelles, numériques (pouvoir des algorithmes sur les flux d’information) et même politiques (polarisation et crise de défiance de la société).

L’apparition des réseaux sociaux a, enfin, des impacts sur nos interactions sociales. La sensibilisation au cyber-harcèlement, aux procédés des « scameurs », aux droits numériques, etc. figure parmi les thématiques aujourd’hui abordées par l’EMI, toujours dans le but de former des citoyens avertis, actifs et critiques dans leurs pratiques médiatiques et informationnelles.

L’éducation aux médias et à l’information en France : le cas de l’Éducation nationale

L’école est, on l’a vu, une des actrices historiques de l’EMI. En France, dès les années 1960, a émergé « un courant associatif « presse-école » réunissant de façon inédite des journalistes et des enseignants », rappelle le vademecum EMI du ministère de l’Éducation nationale.

Cependant, c’est en 1976 que le ministre de l’Éducation R. Haby a préconisé l’utilisation des médias en tant qu’instruments pédagogiques en raison de l’intérêt qu’ils présentent dans les différentes disciplines. La présence de la presse à l’école devient alors légitime, comme support pédagogique de lecture et, dans une moindre mesure, d’écriture sous l’influence des méthodes pédagogiques actives inspirées des propositions de J. Dewey, de C. et E. Freinet ou de O. Decroly promouvant l’expression des élèves et l’utilisation de la presse d’imprimerie pour la production de journaux scolaires.

Vademecum Éducation aux médias et à l’information. Éducation nationale, 2022.

1983 : création du Clémi

L’éducation aux médias est formalisée en 1983 par la création du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (Clemi), devenu par la suite le Centre de l’éducation aux médias et à l’information. Ce service dépendant de l’Éducation nationale est chargé de former les enseignants à l’EMI et à l’accompagnement dans la création de médias scolaires. On lui doit, également, la coordination de la Semaine de la presse et des médiasdans l’école depuis 1989. Cet événement touche aujourd’hui 4,5 millions d’élèves. De nombreuses bibliothèques s’en inspirent, par ailleurs, pour proposer des actions autour de la presse.

2006 : L’EMI dans le socle commun

Malgré cette institutionnalisation, l’éducation aux médias et à l’information n’est pas une discipline à part entière dans le système éducatif français. Depuis 2006, elle est intégrée (jusqu’en 2013, en tant qu’éducation aux médias) dans le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, qui définit les savoirs et compétences que tout élève doit avoir acquis à 16 ans, au terme de l’instruction obligatoire. A la suite des attentats de 2015, elle devient une composante importante du « parcours citoyen ».

Ainsi, l’EMI doit être développée, de façon transversale, dans toutes les disciplines scolaires, des langues aux mathématiques en passant par le français ou l’histoire-géo. Le Clémi publie, à ce titre, des pistes détaillées d’intégration de l’éducation aux médias et à l’information dans l’ensemble des programmes, de l’école au lycée.

Quel rôle pour les professeurs-documentalistes ?

Bien que transdisciplinaire, l’EMI est prioritairement prise en charge par les professeurs-documentalistes dans les établissements scolaires, en lien avec l’ensemble de leurs collègues, observe Laurent Petit (2020). Ils sont effectivement les

premiers formateurs des élèves à la recherche documentaire. La circulaire de « mission » du 13 mars 1986 invite, en substance, les documentalistes à apprendre aux élèves, dès le collège, à définir une stratégie de recherche d’information, à en déduire une méthode, à utiliser des instruments de recherche, à identifier de façon pertinente les documents utiles, puis à les utiliser avec discernement.

Laurent Petit. L’éducation aux médias et à l’information. PUG, 2020.

Ils contribuent également à la préparation des élèves à leur rôle de citoyen, en collaborant avec les professeurs d’éducation civique et les personnels d’éducation, mais aussi à travers des actions propres au CDI comme la Semaine de la presse et des médias dans l’école, la contribution à la réalisation du journal de l’école, etc.

Ce rôle est réaffirmé dans la circulaire de 2017 relative aux missions des professeurs-documentalistes :

1- Le professeur documentaliste [est] enseignant et maître d’œuvre de l’acquisition par tous les élèves d’une culture de l’information et des médias […] En diversifiant les ressources, les méthodes et les outils, il contribue au développement de l’esprit critique face aux sources de connaissance et d’information. Il prend en compte l’évolution des pratiques informationnelles des élèves et inscrit son action dans le cadre de l’éducation aux médias et à l’information.

Circulaire n° 2017-051 du 28-3-2017 relative aux missions des professeurs documentalistes

L’éducation aux médias et à l’information dans les bibliothèques françaises

Les bibliothèques sont identifiées, auprès des écoles, comme une des actrices et acteurs privilégiés de l’éducation aux médias et à l’information. Nombre d’actions d’EMI aujourd’hui proposées en bibliothèque s’adressent, d’ailleurs, à des scolaires. Un des enjeux de l’éducation aux médias et à l’information est, effectivement, de tisser des liens avec des institutions telles que les bibliothèques, qui participent à la production et à la mise à disposition de l’information. Si de nombreuses bibliothèques font, de longue date, de l’éducation à l’information, l’engouement autour de l’éducation aux médias puis de l’EMI est plus récent.

Éducation aux médias : une prise en compte tardive

Dans la littérature professionnelle, on trouve, ainsi, peu de ressources sur l’éducation aux médias avant 2016. Le mémoire de conservateur de l’Enssib de Joseph Belletante, L’éducation aux médias en bibliothèque (2011), est une exception. Comme ce conservateur des bibliothèques le constate à l’époque, « la majorité des bibliothèques ne pensent pas leurs projets, leurs services, en termes d’EAM, ce qui exclut d’emblée l’existence d’un lieu « témoin », liant lecture publique et attitude critique envers les multimédias. »

Si elles sont sensibles aux enjeux de cette discipline et aux changements profonds qu’impliquent les nouvelles technologies dans le paysage médiatique et les pratiques de leur public, nombre de bibliothèques y répondent en « privilégiant l’offre et la diversité des contenus » et « des services d’accès aux formats ou technologies numériques. » Peu d’établissements francophones proposent, par exemple, des actions culturelles visant à développer l’esprit critique de leurs lectrices et lecteurs face aux productions médiatiques … A quelques exceptions près, détaillées dans le mémoire de Joseph Bellatante, comme le projet « Lire le monde » de la BPI.

Les bibliothèques universitaires et la maîtrise de l’information

En revanche, les bibliothèques se sont, depuis longtemps, emparées des enjeux de la maîtrise de l’information. C’est notamment le cas en bibliothèque universitaire, où des formations à l’information sont dispensées dès les années 1980. Concrètement, il s’agit, par ces formations, d’apprendre à effectuer des recherches à partir de catalogues, de bases de données, etc. mais également de transmettre, aux étudiants et chercheurs, une méthodologie de la recherche d’information : évaluation des besoins, tri et analyse de l’information recueillie, utilisation éthique de l’information, etc.

Jusqu’à la fin des années 1990, « ce sont les étudiants de DEA et les doctorants qui sont les publics visés, soit les personnes qui poursuivent un travail de recherche », explique Charline Hatton (2014). En 1997, la création d’un enseignement en Méthodologie du travail universitaire en licence (loi Bayrou), change toutefois la donne. L’intégration de ces formations à l’enseignement universitaire ne fera, par la suite, que se renforcer avec la réforme Licence-Master-Doctorat en 2002, la dite LRU, en 2007, et le Plan Licence.

2015-2022 : L’EMI sur le devant de la scène

Les années 2015 à 2022 sont marquées par une multiplication des initiatives en matière d’éducation aux médias et à l’information en bibliothèque : animations en bibliothèque, tables-rondes et journées de formation à destination des bibliothécaires, publications de guides pratiques et ouvrages, etc. On peut citer, aux Presses de l’Enssib : Décoder les fausses nouvelles et construire son information avec la bibliothèque (2020), Education critique aux médias et à l’information en contexte numérique (2020) et, dernièrement, Recherches francophones sur l’éducation aux médias, à l’information et au numérique (2022).

En 2021, l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (Enssib) met, par ailleurs, en ligne un portail dédié à l’EMI, qui accompagne la création d’un diplôme universitaire d’éducation aux médias et à l’information. Il sera complété d’un guide thématique en 2022. Autre figure de proue dans le monde des bibliothèques, la Bibliothèque publique d’information (BPI), publie, en 2020, un guide pratique à destination des bibliothécaires et propose de nombreuses fiches dédiées à l’EMI sur son site.

Affiche réalisée par la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA) à la suite de la crise des fake news et traduite dans de nombreuses langues.

Ce fort développement de l’éducation aux médias et à l’information semble faire suite aux attentats de Charlie Hebdo (2015), marqués par la diffusion de nombreuses théories complotistes sur les réseaux sociaux (Bronner, 2015), mais aussi, et et d’une manière plus générale, à une succession d’événements marqués par la prolifération de fausses informations : présidentielle américaine de 2016, qui consacre l’expression de « fake news » ou, plus récemment, la pandémie de COVID-19. Beaucoup de bibliothécaires se saisissent, ainsi, de la problématique des fake news comme point d’accroche pour leurs actions d’EMI.

L’éducation aux médias et à l’information en bibliothèque va, toutefois, bien au-delà de la lutte contre la désinformation : ateliers de contribution à Wikipédia pour apprendre à produire de l’information sourcée, analyses de la presse, tables-rondes ou exposition visant à questionner l’usage des écrans en famille, etc. Chaque bibliothèque peut, ainsi, aborder l’EMI en tenant compte de la composition et des sensibilités de son public, de partenariats existants mais aussi des particularités de ses collections ou, tout simplement, des envies des bibliothécaires !

Sources

Bats, Raphaëlle, Marie-Françoise Defosse, Agnès Defrance, Collectif, et Salomé Kintz. 2020. Décoder les fausses nouvelles et construire son information avec la bibliothèque. Illustrated édition. Villeurbanne: Ecole Nationale Supérieure Sciences Information et Bibliothèques.

Belletante, Joseph. 2011. « L’éducation aux médias en bibliothèque e bibliographique ». Mémoire de conservateur, ENSSIB. https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notices/56674-l-education-aux-medias-en-bibliotheque.

Benkler, Yochai, Robert Faris, et Hal Roberts. 2018. Network Propaganda: Manipulation, Disinformation, and Radicalization in American Politics. New York: Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/oso/9780190923624.001.0001.

Bronner, Gérald. 2015. « L’espace logique du conspirationnisme ». Esprit. 2015. https://esprit.presse.fr/article/gerald-bronner/l-espace-logique-du-conspirationnisme-38509.

Education aux médias et à l’information en bibliothèque publique. 2020. BPI.

Hatton, Charline. 2014. « Les formations à l’information à l’université ». Mémoire, Université de Poitiers.

« L’éducation aux médias et à l’information dans les programmes ». s. d. CLEMI. Consulté le 21 mai 2022. https://www.clemi.fr/fr/emi_et_programmes.html.

L’éducation aux médias et à l’information. Repenser l’approche critique – Laurent Petit. s. d. Consulté le 21 mai 2022. https://www.decitre.fr/livres/l-education-aux-medias-et-a-l-information-9782706147272.html.

Media and information literate citizens: think critically, click wisely! 2021. Unesco. https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000377068.

Unesco. 1982. Déclaration de Grünwald sur l’éducation aux médias.

Vademecum Education aux médias et à l’information. 2022. Education nationale.

Wilson, Caroline, Alton Grizzle, Ramon Tuazon, Kuame Akyempong, et Chi Kim Cheung. 2012. Education aux médias et à l’information: programme de formation pour les enseignants. Unesco.

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